06 mars 2008
Les papyboomeurs au secours du gouvernement!
Le taux de chômage en baisse traduit une création d'emplois relativement importante (plus de 72000 au troisième trimestre 2007) mais également...
une diminution de la population active!
C'est un effet mécanique:
Population active = chômeurs + actifs occupant un emploi
si la population active diminue et que le nombre d'emploi reste constant voire augmente... le chômage décroît.
C'est là où l'approche démographique du chômage retrouve toute sa place ;-)
Giscard puis Mitterand en leur temps avait fait l'expérience inverse avec l'arrivée des derniers "baby boomeurs" dans la population active à une époque où la création d'emploi se ralentissait.
Nicolas Sarkozy va lui profiter à plein du départ en retraite des bébés du babyboom devenus "papyboomeurs".
Ceci est accentué par le recul du taux d'activité des plus de 50ans qui se stabilise (-0,1 point en un an) malgré le recul de l'âge de la retraite, semble-t-il entre autre sous l'influence du départ anticipé possible pour les personnes ayant commencé à travailler à 14-15ans.
Alors la suite?
D'après l'Insee la population active ne devrait pas décroître aussi vite que prévu dans un premier temps puisque l'effet des départ en retraite sera en partie compensé par l'accroissement du taux d'activité des femmes et des 15-50 ans, voire des 50-65ans avec le recul des départs en retraite. Concernant les 15-24 ans, après une période de baisse liée à l'allongement de la durée des éudes, leur taux d'activité augmente, en partie du fait de l'activité féminine et du recul de l'âge de la première maternité mais également du fait de la stagnation de la durée moyenne des études. De plus, si on se projette un peu plus loin, vont arriver progressivement sur le marché du travail, à partir de 2020 des jeunes plus nombreux, nés après 2000.
Cependant les papyboomeurs qui vont entrer en retraite jusqu'en 2035 environ vont venir en aide à tous les gouvernements qui se succéderont en entraînant une diminution ou au minimum une stabilisation de la population active. Ainsi même en maintenant un rythme faible de création d'emploi les gouvernements pourront se targuer d'avoir trouvé la solution miracle contre le chômage.
Ces sexagénaires risquent fort de faire passer la question du chômage à l'arrière-plan, derrière celle du financement des retraites... et les ministres de l'économie présents et futurs pour des as de la lutte pour l'emploi!
15:39 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, chômage, baby-boomeurs, papy-boomeurs
12 juillet 2007
Loi en discussion
La loi dénommée "Travail, emploi, pouvoir d'achat" est en discussion à l'assemblée nationale. Vous pouvez suivre les débats en ligne.
L'article premier reprend ce que nous avions déjà exprimé concernant les heures supplémentaires. Cet article vient confirmer les problèmes posés.
Les heures supplémentaires mieux payées et détaxées auront déjà pour effet de pousser les entreprises à recourir à la flexibilité quantitative interne (augmentation ou diminution du nombre d'heures travaillées par les salariés) selon les besoins de l'entreprise. Ainsi les premiers pénabilisés seront les travailleurs précaires dont les contrats ne seront pas signés ou renouvelés.
Le coût de cette mesure viendra alourdir une dette que nous ou nos enfants devrons bien bien finir par prendre en charge. Ceci est d'autant plus préoccupant que les cadeaux fiscaux qui touchent exclusivement le dernier centile de la population français représentent déjà une charge très importante. On voit d'ailleurs où vont les préoccupations du gouvernement et de ses députés quand les amendements vont vers la réaffirmation du bouclier fiscal et les abattements de l'ISF (on aurait pu envisager une autre mesure plus ciblée pour les foyers fiscaux "pénalisés" par la hausse de l'immobilier).
Les salariés ne seront pas « libres » d'accroître leur pouvoir d'achat puisque cela dépendra de l'activité de leur entreprise et de la pénibilité de leur travail (on imagine que certains ouvriers travaillant dans les fonderies seront réticents à augmenter leur pouvoir d'achat...).
La hausse du pouvoir d'achat ne sera qu'illusoire puisque les salariés seront peut être moins enclins à demander des hausses de salaire alors que dans le même temps ils ne cotiseront pour leur retraite ou les autres risques sociaux que sur leur salaire hors heures de travail. Attention aux lendemains qui déchanteront. En cas de maladie ou de chômage les effets seront potentiellement graves (forte diminution du pouvoir d'achat, risque si des crédits ont été calculés sur la base des revenus mensuels en intégrant l'apport des heures sup...).
Tout cela est d'autant plus préoccupant que l'on peut déjà penser que le coût de ces mesures sera financé à terme par la TVA... payée par tous mais à un taux inversement proportionnelle au revenu si on tient compte du fait que la propension à consommer diminue avec le revenu.
09:15 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : loi, travail, emploi, pouvoir d'achat




