17 juin 2008

Faut-il sanctionner les chômeurs? 4/5 Une référence abusive au modèle danois

Nous sommes encore loin de la flex-sécurité à la danoise, au contraire, nous nous éloignons de ce modèle sur la forme et le fond.

Les danois assoient la mobilité professionnelle sur une excellente prise en charge financière des chômeurs mais aussi un suivi individualisé qui inclut un volet formation important.

En France actuellement, au contraire, la formation en général et la formation continue en particulier sont sacrifiés sont l'autel des économies budgétaires. De même, s'il se désengage comme pourvoyeur, il se désengage également comme financeur d'acteurs locaux qui agissent dans le domaine de la formation, du suivi ou de l'orientation des demandeurs d'emploi ou des porteurs de projets. On peut à ce sujet penser à la suppression unilatérale et injustifiée des subventions accordées par la DRAF à Amesud en Ardèche du sud, pour le fonctionnement d'un site de proximité, compromettant la pérennité de cette structure dont les effets depuis plus de 20 ans sont indéniables sur ce territoire (créations d'emplois au travers de petites entreprises ou d'associations soutenues lors de leur création, pépinière des artisans des métiers d'art, maison de la saisonnalité...)

Cette question de la formation est d'autant plus importante que les salariés en chômage de longue durée sont très majoritaires chez les plus de 50 ans (plus de 60%) alors qu'ils représentent à peine le quart des chômeurs de moins de 25 ans. Ces chômeurs seraient éligibles à des formations de remise à niveau pour faciliter leur insertion dans l'entreprise.

Par ailleurs le modèle danois repose sur la concertation et la négociation et non sur une définition légale de ce qu'est une offre de travail raisonnable.

De plus la mobilité professionnelle danoise est vécue comme « normale », de même que les périodes de chômage, inhérentes à la carrière d'un actif, et non considérées comme une sanction, stigmatisée par le texte gouvernemental.

06 mars 2008

Les papyboomeurs au secours du gouvernement!

 

Référence INSEE

Le taux de chômage en baisse traduit une création d'emplois relativement importante  (plus de 72000 au troisième trimestre 2007) mais également...

une diminution de la population active!

C'est un effet mécanique:

Population active = chômeurs + actifs occupant un emploi

si la population active diminue et que le nombre d'emploi reste constant voire augmente... le chômage décroît.

C'est là où l'approche démographique du chômage retrouve toute sa place ;-)

Giscard puis Mitterand en leur temps avait fait l'expérience inverse avec l'arrivée des derniers "baby boomeurs" dans la population active à une époque où la création d'emploi se ralentissait.

Nicolas Sarkozy va lui profiter à plein du départ en retraite des bébés du babyboom devenus "papyboomeurs".

Ceci est accentué par le recul du taux d'activité des plus de 50ans qui se stabilise (-0,1 point en un an) malgré le recul de l'âge de la retraite, semble-t-il entre autre sous l'influence du départ anticipé possible pour les  personnes ayant commencé à travailler à 14-15ans.

Alors la suite?

D'après l'Insee la population active ne devrait pas décroître aussi vite que prévu dans un premier temps puisque l'effet des départ en retraite sera en partie compensé par l'accroissement du taux d'activité des femmes et des 15-50 ans, voire des 50-65ans avec le recul des départs en retraite. Concernant les 15-24 ans, après une période de baisse liée à l'allongement de la durée des éudes, leur taux d'activité augmente, en partie du fait de l'activité féminine et du recul de l'âge de la première maternité mais également du fait de la stagnation de la durée moyenne des études. De plus, si on se projette un peu plus loin, vont arriver progressivement sur le marché du travail, à partir de 2020 des jeunes plus nombreux, nés après 2000.

Cependant les papyboomeurs qui vont entrer en retraite jusqu'en 2035 environ vont venir en aide à tous les gouvernements qui se succéderont en entraînant une diminution ou au minimum une stabilisation de la population active. Ainsi même en maintenant un rythme faible de création d'emploi les gouvernements pourront se targuer d'avoir trouvé la solution miracle contre le chômage.

Ces sexagénaires risquent fort de faire passer la question du chômage à l'arrière-plan, derrière celle du financement des retraites... et les ministres de l'économie présents et futurs pour des as de la lutte pour l'emploi!