24 août 2007
Niveau d'étude et démocratie
En quoi négliger l'école est un frein à la démocratie?
http://www.inegalites.fr/spip.php?article112&id_mot=82
22:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, démocratie
Trop de profs?
Je suis allée faire un tour sur le site de l'INSEE et j'ai puisé les derniers chiffres, datant de 2004 mis à jour en octobre 2006.
http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=CMPTE...
Que peut-on en déduire:
Concernant l'enseignement primaire, nous sommes nettement plus mal placés que la moyenne des pays de l'OCDE puisque au lieu de moins de 17 élèves par enseignants nous en sommes à 19,4. L'Allemagne est à 18,8 et le Royaume Uni à 21,1 mais ce chiffre ne prend en compte que l'enseignement public (bien mal loti dans ce pays par rapport au secteur privé). Tels sont les pays retenus par notre ministre pour justifier l'excès de profs en France... alors que dire des Etats Unis (15 élèves/prof) ou de la Suède (12,1), de l'Italie (10,7)...
On suppose que nous pourrons prendre exemple sur ceux qui sont plus « économes » en profs que nous: le Japon (où on connaît l'importance des cours particuliers nécessaires aux enfants pour suivre...), la Corée, le Mexique...
Concernant l'enseignement secondaire nous sommes mieux lotis car avec 12,1 élèves par professeur nous sommes à un peu plus d'un élève en dessous de la moyenne de l'OCDE. Il y a alors matière à réflexion pour regrouper des effectifs car certains enseignants ont des groupes de 3 à 5 élèves quand d'autres font cours devant des salles de plus de 40 élèves! Mais attention car l'efficacité du système scolaire est très long et difficile à mesurer et gare aux enseignements qui passeront à la trappe au nom de cette efficacité (à quoi servent la philo, le latin, le grec... je crains l'arrivée de ces discours utilitaristes dont les fondements sont biaisés). Cependant, entre mieux organiser les établissements scolaires, mieux gérer les flux d'élèves selon leurs choix d'options et non simplement en fonction de leur provenance géographique, il y a des pistes à explorer. Mais notre but est-il d'arriver à la moyenne OCDE (composé de 30 pays dont le Mexique ou la Turquie)? Ou faut-il considérer qu'être juste au dessus de la moyenne est une justification suffisante pour le gouvernement actuel afin de parler de sur-effectif des profs et faire des économies à bon compte sur le dos de nos jeunes?
Vous remarquerez, et c'est heureux pour eux, que les jeunes handicapés bénéficient d'emplois d'aides (AVS ou EVS) annoncés par le ministre... mais ne nous y trompons pas, les personnes actuellement en place étant souvent sur des contrats d'un an, il suffit de renouveler les contrats existants pour les annoncer!
16:50 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, nationale, profs, effectifs
23 août 2007
La section ES en danger?
Il y a peu j'expliquais à des amis pourquoi un gouvernement tel que le gouvernement actuel pouvais tenter de supprimer la section ES. Cela paraissait bien excessif... et pourtant!
Déclaration hier de Xavier Darcos dans Paris Match, après avoir plaidé pour l'allégement des emplois du temps, il ajoute "Attention, en particulier aux filières sans débouché évident. Je pense à 'ES' (économique et social). Elle attire beaucoup d'élèves qui occupent ensuite de grands amphis mais se retrouvent avec des diplômes de droit, psychologie, sociologie... sans toujours un emploi à la clef".
Pourquoi de tels propos?
Les élèves de ES ne sont pourtant pas plus touchés par le chômage que ceux issus des autres bacs généraux, bien au contraire, ce sont ceux qui s'adaptent le mieux aux études supérieures!
Droit, psychologie, sociologie bien entendu mais aussi économie, écoles de commerce (y compris les plus grandes d'entre elles), instituts d'études politiques, études d'infirmier...
En fait toutes les orientations, y compris des voies riches en emplois, leurs sont favorables à l'exception des études médicales, de sciences (hormis en sciences humaines) même si légalement rien ne les empêche de s'y inscrire.
Alors quelles sont les raisons d'un tel acharnement sur cette section tant ces propos font suite à d'autres du même acabit et à des tentatives de réduction horaire ou de suppression de l'option ES en seconde? En fait le procès fait à cette section est celui fait à la matière qui la caractérise: les sciences économiques et sociales. En effet c'est le seul lieu dans les lycées où les lycéens sont de par le programme de SES, nécessairement sensibilisés aux différentes thèses économiques, aux approches sociales et environnementales du développement, où on les pousse à développer leur propres analyses du réel, à décrypter l'information, où on les forme à aiguiser leur regard et leur jugement face aux médias... autant d'armes redoutables pour un gouvernement qui compte utiliser l'information voire le marketing à son avantage (par exemple en faisant passer les franchises médicales pour un immense élan de solidarité en faveur des malades âgés, en faisant dans le même temps d'énormes cadeaux fiscaux aux plus favorisés d'entre nous). Les ouvrages de SES ont été jugés « de gauche » alors que la plupart d'entre eux ne font que présenter de façon dialectique les problématiques économiques et sociales du programme. De son côté le MEDEF a créé Melchior, sa propre lecture du programme de Terminale ES sur Internet. C'est dire l'enjeu de la section et quand le ministre parle de ces élèves de la section ES, il est facile de voir qu'il préférerait les voir en section STG (d'où les tentatives de rapprochement) alors que la section STG offre bien moins de choix en matière de débouchés. On comprend cependant que par les temps qui courent un comptable semble moins gênant qu'un sociologue, un économiste ou un avocat...
Cela participe à une tentative d'ensemble pour faire de l'Education Nationale une machine (pas forcément plus efficace) à former des travailleurs dociles, et non des citoyens responsables et capables de se forger leur propre conviction sur le monde qui les entoure (qui n'en seront pas moins pourtant des travailleurs efficaces et consciencieux!).
11:49 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, nationale




