02 juillet 2008
Des coupes budgétaires que l'on va "payer" cher...
Une étude de T.R Cusasck de 1999 montrait que dans 14 pays de l'OCDE observés les gouvernements de gauche avaient été plus soucieux d'équilibres budgétaires que ceux de droite dont la priorité aux allégement fiscaux grevait les recettes sans être compensée nécessairement par des coupes budgétaires.
Notre gouvernement actuel pratique bien quelques "coupes", insuffisantes face aux allègement fiscaux inutilement consentis aux foyers fiscaux les plus aisés, mais dont les conséquences risquent d'être fâcheuses.
Ainsi le RSA dont l'application restera incomplète faute de financements suffisants, alors qu'il aurait pu être un instrument d'une politique sociale active, à la fois favorable à la reprise d'emploi et propice à la réduction des inégalités de revenus entre salariés.
Le RSA aurait pu être la première réforme de poids allant dans le sens de la cohésion sociale et de l'augmentation du pouvoir d'achat des "travailleurs pauvres", ce ne sera pas le cas, du moins pas pour l'instant malgré les attentes de Martin Hirsch.
Localement nous pouvons observer ce désengagement. Certains fonctionnaires utilisent par ailleurs la raréfaction des subventions aux associations pour tenter d'accroître leur pouvoir lorsque les politiques sont peu impliqués dans les commissions d'attributions de ces subventions. Au contraire des politiques préfèrent donner la priorité à des structures sous leur contrôle plutôt que de subventionner des structures privées plus indépendantes.
La mésaventure d'AmeSud survient dans ce contexte. Bien entendu cette association ne détient pas de baguette magique et passer sa porte n'est pas à tous les coups un gage de succès, cependant, pour être au bureau de cette association depuis un an, j'ai pu observer des salariés soucieux de porter des valeurs humaines et de contribuer à dynamiser le tissu économique et social de cette zone rurale. C'est ainsi que je vous donnerai sous peu le lien vers une pétition en ligne de soutien à cette association qui a contribué à la création de nombreuses entreprises, associations et emplois depuis plus de 20 ans dans notre sud Ardèche.
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22 juin 2008
Mais bien entendu!!!
09:17 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17 juin 2008
Faut-il sanctionner les chômeurs? 5/5 Perspectives
Le dispositif qui va être mis en place s'attaque à diminuer le nombre de chômeurs de longue durée indemnisés, dont le profil type est plus proche du cinquantenaire à la recherche active mais souvent désespérée d'un emploi que de celui du jeune qui se « tourne les pouces ». Il appartiendrait donc au gouvernement de ne pas se laisser piéger par des clichés qu'il a et qu'il va contribuer à renforcer par les mesures décrites précédemment.
Le gouvernement gagnerait à se pencher plutôt sur les raisons qui poussent des entreprises à se séparer de leurs salariés en fin de carrière, à renforcer l'employabilité de ces personnes pour favoriser leur sortie rapide du chômage, à cesser de négliger la formation, l'orientation et le soutien aux créateurs d'entreprises. Il s'agit aussi d'accompagner les PME-PMI afin d'accroître leur pérennité et leur développement.
Ne nous y trompons pas: les mesures gouvernementales visant à sanctionner les chômeurs n'ont pas vocation à s'inscrire dans un renforcement de politiques actives de l'emploi mais bien dans une réduction sans contrepartie des politiques passives.
Christine Gérard
Je vous recommande en complément la lecture de la page11, entretien avec Fr Eymard-Duvernay que l'on peut compléter avec un questionnement autour du lien entre productivité (dimension qualitative et quantitative) et sens que la personne donne à son travail.
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Faut-il sanctionner les chômeurs? 4/5 Une référence abusive au modèle danois
Nous sommes encore loin de la flex-sécurité à la danoise, au contraire, nous nous éloignons de ce modèle sur la forme et le fond.
Les danois assoient la mobilité professionnelle sur une excellente prise en charge financière des chômeurs mais aussi un suivi individualisé qui inclut un volet formation important.
En France actuellement, au contraire, la formation en général et la formation continue en particulier sont sacrifiés sont l'autel des économies budgétaires. De même, s'il se désengage comme pourvoyeur, il se désengage également comme financeur d'acteurs locaux qui agissent dans le domaine de la formation, du suivi ou de l'orientation des demandeurs d'emploi ou des porteurs de projets. On peut à ce sujet penser à la suppression unilatérale et injustifiée des subventions accordées par la DRAF à Amesud en Ardèche du sud, pour le fonctionnement d'un site de proximité, compromettant la pérennité de cette structure dont les effets depuis plus de 20 ans sont indéniables sur ce territoire (créations d'emplois au travers de petites entreprises ou d'associations soutenues lors de leur création, pépinière des artisans des métiers d'art, maison de la saisonnalité...)
Cette question de la formation est d'autant plus importante que les salariés en chômage de longue durée sont très majoritaires chez les plus de 50 ans (plus de 60%) alors qu'ils représentent à peine le quart des chômeurs de moins de 25 ans. Ces chômeurs seraient éligibles à des formations de remise à niveau pour faciliter leur insertion dans l'entreprise.
Par ailleurs le modèle danois repose sur la concertation et la négociation et non sur une définition légale de ce qu'est une offre de travail raisonnable.
De plus la mobilité professionnelle danoise est vécue comme « normale », de même que les périodes de chômage, inhérentes à la carrière d'un actif, et non considérées comme une sanction, stigmatisée par le texte gouvernemental.
14:28 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : flex-sécurité, modem, chômage
Faut-il sanctionner les chômeurs? 3/5 Les risques
Les risques de la sanction des chômeurs telle que le gouvernement l'envisage ne sont pas négligeables:
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stigmatiser les chômeurs même si une meilleure image du système pourrait compenser cet effet,
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accélérer la paupérisation d'une partie des classes modestes et moyennes, déjà sévèrement touchées par l'augmentation des coûts de l'énergie et de l'alimentation. Dans le même temps la disparition de la prime pour l'emploi peut accroitre les difficultés de la classe moyenne, pour ceux qui ne pourront pas bénéficier du RSA. N'est-ce pas d'ailleurs pourquoi la façon de mesurer la pauvreté a été modifiée par le gouvernement afin d'obtenir une réduction mathématique de la pauvreté (cf p37 n°270 d'Alternatives économiques) à défaut de résultats plus proches de la réalité?
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En pesant sur les négociations entre salariés et employeurs au profit de ces derniers on peut prévoir une diminution du salaire médiant, voire du salaire moyen si les salaires élevés n'augmentent pas suffisamment vite pour compenser l'augmentation du nombre de smicards à temps partiel. Ceci aura nécessairement une incidence sur la consommation des ménages et l'accroissement des inégalités sociales. L'observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale observait déjà une augmentation de 21% des travailleurs pauvres entre 2003 et 2005. On peut cependant espérer que la mise en place du RSA prévue au 1er trimestre 2009 sur tous les départements pourrait permettre d'éviter pour les plus pauvres des pertes trop importantes de pouvoir d'achat. Malgré tout il est légitime de craindre une mobilité descendante des actifs.
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Ces sanctions sont avant tout la réponse à une attente d'une partie de l'électorat, sensibilisée à certains cas de fraude ou d'abus au système d'assurance chômage... pas nécessairement une réponse adéquate aux véritables causes du chômage...
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La population supposée être touchée par la mesure devrait être les jeunes « se tournant les pouces » mais ceux-ci ne seront pas touchés car souvent non indemnisés (comme 52% du total des chômeurs) ou assujettis à un chômage répétitif donc de courte durée. Ceux qui seront les victimes du système seront majoritairement des chômeurs de plus de 50 ans à qui on demandera de se satisfaire d'emplois peu attrayant en arguant de leur faible employabilité.
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Faut-il sanctionner les chômeurs? 2/5 effets attendus
Les effets attendus sont nombreux:
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diminuer le nombre de chômeurs indemnisés donc les cotisations à l'UNEDIC en contrepartie d'une hausse des cotisations pour financer les retraites. Ceci devrait déjà en partie se produire du fait de la démographie qui réduit mécaniquement les entrants sur le marché du travail et accroît les sortants, réforme ou pas réforme... réduisant le chômage sauf si comme actuellement on abandonne les politiques actives visant à soutenir la création d'emplois
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Augmentation de l'offre de travail effectivement disponible pour les emplois non qualifiés qui sont en forte augmentation depuis les années 90 après avoir connu une importante diminution (ceci est à relier au développement des services à la personne, de la grande distribution ou de la restauration rapide).
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Embauches facilitées même si on peut se poser des questions sur le niveau de motivation, et de productivité, dont feront preuve certains salariés alors que contrairement aux idées reçues la France est un des leaders mondiaux en matière de productivité horaire (attention les facteurs de productivité sont nombreux, mais parmi eux le niveau de motivation et d'implication du salarié n'est pas à négliger)
11:12 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Faut-il sanctionner les chômeurs? problématiques 1/5
Ce titre reprend celui d'un article publié dans Alternatives Economiques de juin 2008 mais n'en est pas une simple synthèse mais également inclus une analyse personnelle dont j'endosse la responsabilité.
Le gouvernement a décidé de sanctionner les chômeurs refusant deux offres valables d'emploi en passant par dessus les débats entre partenaires sociaux.
Cette approche repose sur la thèse d'un chômage volontaire qui expliquerait le chômage, c'est à dire que les chômeurs seraient dans un arbitrage entre la désutilité du travail (renoncement au temps de loisir) et l'avantage financier qu'il peut procurer (ou pas), ce qui peut les pousser à ne pas accepter les emplois qu'on leur propose.
La légitimité du système de protection sociale repose pour les actifs occupés qui cotisent sur l'assurance d'en bénéficier en cas de perte d'emploi ou de maladie par exemple, mais également sur le fonctionnement correct et équitable de l'indemnisation. On peut à ce titre s'interroger sur l'opportunité de pointer justement les défaillances du système ce qui peut conduire à l'affaiblir. Cependant il apparaît qu'une partie des français ont anticipé déjà cette remise en cause, en particulier dans l'électorat de notre président. Il ne s'agit pas de tomber dans l'angélisme mais de souligner qu'une approche qui s'appuie sur la généralisation de cas particuliers porte plus de risques que d'avantages.
Les statistiques montrent que le déficit d'emplois dans certains secteurs coexiste avec un excédent d'emplois dans d'autres secteurs. Cependant cette approche comptable a ses limites. Ainsi un cadre administratif au chômage n'a pas forcément la qualification pour un emploi d'électricien en bâtiment ou de couvreur et dans quelle mesure un emploi de serveur à 60km de son domicile pourra-t-il être considéré comme une offre « valable » d'emploi?
Là repose également une part de notre questionnement: la définition de ce qu'est une offre « valable » d'emploi car si jusqu'à présent un chômeur pouvait être sanctionné en cas d'absence de recherche d'emploi ou refus d'offres proposées, la mise en oeuvre des sanctions reposait sur une définition subjective des abus des agents publics (au 1er janv 09: les agents de l'ANPE et des ASSEDIC réunis au sein du nouveau service public de l'emploi). Il s'agit donc pour le gouvernement de donner un cadre à la définition d'un emploi « valable » dont le refus pourrait légitimement conduire à une sanction. Les exigences sur le type d'emploi « valable », « raisonnable », tel que défini par le gouvernement, sont inversement proportionnelles au temps de chômage et pour les chômeurs de plus d'un an, soit plus du quart des chômeurs en mars 2008, ceci représenterait une offre jusqu'à 57,4% du salaire antérieur avec un trajet de 2h par jour. On évacue ainsi toutes considérations en terme de qualité de l'emploi ou de projet professionnel si ce n'est à travers la prise en compte du niveau de qualification. Ceci ne sera pas sans conséquences humaines, sociales mais également économiques.
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15 juin 2008
Ingrid Bétancourt, l'arbre qui cache la forêt
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2340609&a...
Cet article de La Croix a l'intérêt de faire un état des lieux de l'activité des paramilitaires en Colombie. Cet état des lieux montre à quel point l'enlèvement et la détention d'Ingrid Bétancourt, aussi inadmissible soit-ils, sont bien peu à côté de ce que vit ce pays.
La diplomatie française n'a que peu de légitimité à intervenir hors d'une action concertée avec d'autres pays.
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25 mai 2008
Réunion sur la carte judiciare en Ardèche
Une info qui peut vous intéresser (merci Mélanie !)
Le carrefour laïque d'Aubenas organise le lundi 9 Juin 2008 à 20 h 30 au centre Le Bournot une conf débat avec Me JJ Chavrier, bâtonnier du Barreau de l'Ardèche sur la Carte Judiciaire en Ardèche (plus de renseignements sur http://www.fol07.com ).
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22 mai 2008
Drôle de liberté!
Au nom de la liberté, c'est ainsi qu'est justifiée la libre culture des OGM en plein champ par les agriculteurs. Quelle belle façon de dévoyer une valeur fondamentale au profit d'un lobby fort actif, qui s'est déjà illustré dans les agro (nécro) carburants ou dans la lutte contre kokopelli (association hautement subversive coupable du délit de distribution de semences anciennes... donc non "homologuées"): celui des céréaliers et des semenciers.
On nous dit que les agriculteurs seront libres de cultiver avec ou sans OGM... mais on oublie de dire:
- que plusieurs études ont montré que les OGM sont succeptibles de se disséminer bien au delà d'un champ, à plusieurs kilomètres à la ronde et que l'impact sur l'homme et sur l'environnement est loin d'être cerné
- que les consommateurs ne seront plus libres de consommer sans OGM faute d'information et du fait de la tolérance (même à un taux faible) en matière de produits "bio"
- que le principe de précaution prévaut surtout lorsqu'il n'est pas trop défavorable aux lobbys... par exemple en matière de protection de piscine, ou une fois que l'hécatombe a commencé comme dans le cas de l'amiante.
Pour ceux gagnés par l'angélisme qui se disent "si c'était si grave on nous le dirait, on l'interdirait...", n'oubliez pas qu'alors que de nombreuses études montraient la dangerosité de l'amiante, les industriels du secteur continuaient à publier des guides vantant pour le particulier les bénéfices de l'usage de l'amiante dans tous les recoins de la maison.
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