03 mars 2008

Hausse du cours des céréales, nécrocarburants et commerce équitable

Je vous invite à lire cet article qui met en relief les tensions multiples (sociales, économiques, foncières...) qui résultent de l'envolée du cours des céréales.

On peut retenir que les soit disant "biocarburants" qui n'ont de bio que le nom, sont une des causes de cette hausse (au delà de l'augmentation de la demande alimentaire, des coûts de transport et de la spéculation) et qu'il va bien falloir trouver autre chose (pile à combustible, moteurs électriques ou autres moteurs à air comprimé (technique en devenir?), utilisation d'autres substances non alimentaires pour fabriquer des « biocarburants »...) pour pouvoir résoudre de façon durable le problème des gaz à effet de serre et de l'épuisement des hydrocarbures. Sinon on risque de voir rapidement les effets d'une solution pire que le mal, surtout si on tient compte que ces pressions déjà apparentes sur le marché ne résultent que d'une faible part des véhicules en circulation.

Par ailleurs il apparaît que les capacité de production restent peu exploités mais que les petits producteurs sont à la fois dans l'incapacité d'investir pour accroître leur production et souffrent de l'augmentation des intrants (entre autre les semences... suivez mon regard) et de la pression foncière. Certes les gouvernements locaux peuvent agir à leur niveau, mais on peut craindre aussi l'abandon d'une culture vivrière diversifiée pour aller vers une monoculture fragile par nature et économiquement, écologiquement et socialement insatisfaisante.

Face à cela le commerce équitable (le « vrai » oserais-je ajouter si on considère qu'en la matière certains distributeurs avides de nouveau créneau porteur ont développé des filières « a minima ») apporte des solutions. Il pousse les petits producteurs à s'organiser généralement en coopérative de production. Il stabilise leurs revenus en leur permettant ainsi de se projeter dans l'avenir et d'investir car n'oublions pas qu'un revenu stable est largement préférable à un revenu fluctuant même s'il est parfois élevé (d'autant que les dispositions du commerce équitable prévoient une hausse du prix payé au producteur au dessus du cours officiel si celui-ci venait à dépasser les prix garantis fixés au départ). Il privilégie une agriculture pas forcément bio mais au moins raisonnée qui ne mette pas en péril l'avenir du sol cultivé et des personnes qui y vivent. Il permet la mise en place de structures collectives (école, dispensaire...) qui au delà du bien-être apporté aux populations ont à moyen et long terme ont un impact avéré sur la productivité...

Voilà un argument de plus pour les tenants de cette forme alternative de commerce, dont je fais partie vous l'aurez compris, commerce équitable qui s'il se développe au delà de l'effet de mode constitue à mon sens, économiquement, socialement et écologiquement, une vraie chance de développement soutenable.

 

09 mai 2007

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