11 octobre 2009
Scolarisation précoce remise en cause... pour quelles conséquences
En lien avec cet article:
http://www.mediapart.fr/journal/france/081009/en-seine-sa...
j'ajouterais juste que les études menées sur l'intérêt de la scolarisation précoce montre justement que l'impact positif de cette scolarisation précoce (impact qui est identifié durant toute la poursuite d'étude), s'il est plus ou moins marqué selon les groupes sociaux, est particulièrement mis en évidence pour les enfants issus de milieux défavorisés.
En Ardèche le raisonnement est le même et la part des enfants de 2 à 3 ans en maternelle est également en recul.
Ce sont des économies de bouts de chandelles qui vont coûter cher à l'avenir.









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Commentaires
Le Modem ne doit pas critiquer pour critiquer...
Est-ce la place d'un enfant de deux ans en classe maternelle ou peut-on parler de scolarisation d'un enfant de deux ans?
Les enfants de deux ans viennent juste de sortir de trois étapes importantes: la station debout et la marche, la parole et le langage, la propreté... Tous ne sont pas précoces, dans l'une ou l'autre des étapes...
N'y a t-il pas d'autres manières de socialiser les enfants?
L'enfant de deux ans ne dort-il pas encore une bonne partie de la journée?
Comment vit l'enfant de deux ans sa rupture avec sa mère et son milieu familial, comment vit l'enfant de deux ans ce vide d'amour?
L'enfant de deux ans n'est-il pas plutôt un poids, dont il faut se débarasser pour poursuivre sa destinée professionnelle et jouir d'un avoir plus?... L'entrée à l'école à l'âge de deux, voeux cher de parents qui veulent que leur enfant réussisse, doit-elle satisfaire l'inquiétude prématurée de parents sur l'avenir de leur enfant?
Le congé maternité de trois ans existe...
Est-ce à l'école de jouer le rôle de crêche? Il est vrai, ça coûte moins cher aux parents et aux communes...
Les enfants de ma génération ne sont pas entrés à l'école à deux ans, parfois pas avant 4 ou 5 ans, voire pas avant le cours préparatoire... Les enfants n'étaient pas plus mauvais en français, autres langues, mathématiques ou autres disciplines qu'aujourd'hui!!! Beaucoup ont fait de longues études...
Je crois que le sommeil, l'amour maternel et paternel, et l'éveil (créativité, pouvoir d'émerveillement...) sont indissociables à la réussite scolaire..., quels que soient le milieu familial et l'origine ethnique...
Ce n'est pas l'entrée à l'école à deux qui conditionnera la réussite scolaire...
Il ne faut pas oublier, même si tout cherche à le dissimuler, que tous les enfants ne sont pas égaux devant la réussite scolaire ou la vie... en fonction de son patrimoine génétique, de sa culture familiale ou de celle de son pays, de ses capacités intrinsèques à être et à mettre en oeuvre ses prédispositions et autres...
Je crois que notre société est malade du fait qu'elle manque de repère, de prise de hauteur, de recul sur les événements...
Tout doit être expliqué, débattu, critiqué dans l'instant... quand ce n'est pas en fonction de nos idéologies ou de nos convictions...
Pourtant tout est complexe
Ecrit par : faure | 16 octobre 2009
Désolé de te répondre avec retard.
Mon commentaire se base sur les résultats des études commandées par le ministère de l'EN sur le sujet. Je ne critique pas pour critiquer, je me base sur mes connaissances en sociologie de l'éducation. Il n'y a pas que des avantages à scolariser les enfants à 2 ans mais les effets sont nettement positifs pour les enfants issus des milieux les plus favorisés mais surtout... pour ceux issus des milieux les plus défavorisés avec des effets dans toute leur poursuite d'étude. C'est un apport par ailleurs fondamental pour ceux dont les parents maitrisent mal la langue française.
Ces études, tu peux les retrouver en ligne car je me souviens les avoir téléchargées mais effacées depuis... je manque de temps pour retrouver le lien, sorry... (cf rapports de la Direction d'Etudes et de Pilotage de l'EN)
Par ailleurs il y a des études économiques sur le lien entre maternelle et accroissement du taux d'emploi féminin.
Amicalement
Christine
Ecrit par : Christine Bobey-Gérard | 18 octobre 2009
Bonjour,
Je vais peut-être me rendre naif, mais je ne crois pas forcément aux études réalisées ou commanditées par tel ou tel ministère (comment ont-elles été faites et comment en ont été tirées les conclusions...?).
Chacun sait que bien des études non indépendantes ne cherchent qu'à justifier ce que l'on veut faire passer...
Je répète que le sommeil, l'amour des siens et l'éveil (en tant qu'émerveillement) sont des notions associées avec la réussite scolaire.
Je ne crois pas un instant que la scolarisation à l'âge de deux ans ait un impact fort sur la réussite scolaire, pour les raisons déjà évoquées.
La scolarisation à l'âge de deux ans n'a lieu d'être que dans une société qui conçoit les enfants comme un fardeau... et/ou dans laquelle chacun croit que son enfant est meilleur que celui de son voisin, déjà à l'âge de deux ans...
La réussite scolaire résulte de l'interaction complexe de différents facteurs: prédisposition génétique, potentiel psychologique, culture familiale, éthnique et "nationale", stabilité familiale, motivations personnelles...
Combien d'enfants sont en échec scolaire en raison de la mort de l'un des parents ou lors de la séparation dans le couple?
Alors parler de réussite scolaire liée à la scolarisation à l'âge de deux ans, c'est oublier ce qu'est la vie et faire injure aux générations précédentes d'hommes de valeur qui n'ont pas été scolarisés à l'âge de deux ans???
Qu'en pensent les psycholoques, les pédopsychiatres, psychanalistes???
Ecrit par : Faure | 19 octobre 2009
Il s'agit d'études complètes qui sont d'autant plus crédibles que le ministère de tutelle attendait justement des conclusions inverses.
En bref: pour les groupes sociaux les plus favorisés, la suppression de la maternelle à 2 ans, si elle est remplacée par une meilleure prise en charge par des crèches, réseaux d'AMA... ne pose pas soucis, ni pour les parents ni pour les enfants (sauf à empêcher l'augmentation des écarts entre enfants de milieux les plus favorisés et ceux de la classe moyenne).
Par contre dans les autres cas, ceux de enfants de milieux moins favorisés, il y a un préjudice non négligeable autant pour les enfants que pour les parents.
Ce préjudice est chiffré par exemple en terme de risque d'échec scolaire, y compris en collège et en terme de taux d'accès au lycée (plus élevé si l'enfant a été en classe maternelle à 2 ans!).
Ecrit par : Christine Bobey-Gérard | 20 octobre 2009
Bonjour,
J'aimerais savoir comment a-t'on pu mesurer l'apport strict du seul critère "entrée à l'école dès l'âge de deux ans" dans la réussite scolaire à long terme...
Dans le dernier commentaire, il est bien visible qu'il s'agit plus d'un problème de garde d'enfants que de scolarité.
Je ne crois pas un seul instant, que des enfants, parlant tout juste, à peine propres et cherchant encore leur équilibre, soient prêts à une scolarisation...Je ne crois pas non plus pour les mêmes raisons, et pour celles évoquées dans mes précédents commentaires, que la scolarité dès l'âge deux ans puissent avoir un impact possitif sur une scolarité de long terme...même dans les milieux dévaforisés...
Encore faut-il savoir ce que l'on met derrière le terme de "défavorisé": bien qu'issus de milieux "aisé", certains enfants sont dévaforisés, alors que des enfants nés dans un milieu pauvre sont parfois plus "riches" que les riches!!!
Au lieu de s'attacher à la scolarisation dès l'âge de deux ans, il vaudrait mieux s'arrêter sur l'enseignement que ces enfants vont recevoir, et savoir si cet enseignement est toujours adapté aux enjeux du futur!!!
L'école a peu changé en 40 ans alors que le monde et l'entreprise ont vraiment changé!!!
Il vaudrait mieux s'intéresser aux lieux scolaires, voir là où les réussites sont réellement meilleures, et s'inspirer de leur "modèle"...
Il vaudrait mieux avoir des "profs" motivés et passionnés, que des "profs" inertes, aigris et culpabilisant...
La réussite scolaire n'est-elle pas liée aussi, en partie, à la structure scolaire, aux programmes scolaires et aux enseignants?
Plutôt que la scolarisation dès l'âge deux ans, ne vaudrait-il pas mieux s'attacher à l'enseignement tout simplement quand on veut parler de réussite scolaire des enfants et une meilleure compétitivité internationale à plus haut niveau: modifier les programmes scolaires, recruter différemment les enseignants (autres critères, forme de consultance...), évaluation/sélection des jeunes sur d'autres méthodes/critères, avancement modulaire...?
L'échec scolaire est plus complexe que le simple critère d'entrée à l'école ou non dès l'âge de deux ans: intérêt pour l'école, intérêt pour les programmes, soutien familial, problèmes familiaux, comportement des "profs", état psychologique du jeune...
Ecrit par : faure | 20 octobre 2009
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