21 août 2008
Rester debout face à la montée des périls
Il y a une semaine je souhaitais déjà rédiger une note intitulée "la montée des périls" mais mes enfants en vacances ne m'en ont guère laissé le temps.
Puis il y eu ces décès de jeunes militaires français... Au milieu des serviettes de plages et des bouchons de retour de vacances les périls géopolitiques interpellent les français derrière l'image d'une dizaine de cercueils alignés. Le bourbier afghan mais aussi, plus près de nous et avec des enjeux loin d'être négligeables, la Géorgie, mais également les nombreux autres conflits, chauds ou froids...
Quelle place pour une Europe dont les institutions ne permettent pas une intervention militaire concertée et unitaire, et dont le poids diplomatique ne tient encore que la place que les Etats-Unis veulent bien lui octroyer?
Il y a plus de 50 ans la France a fait échouer l'Europe de la défense qu'elle avait pourtant initiée, il lui appartient à présent de la construire et la "transaction" diplomatique qui aurait pu justifier un dose d'atlantisme en contrepartie de cette construction ne doit pas faire perdre de vue l'enjeu d'une Europe capable de peser militairement et diplomatiquement. Elle peut être un pôle précieux de stabilité et de stabilisation dans un monde mouvant et traversé par de profonds clivages. Elle peut être également l'image de ce qu'un territoire autrefois zone de conflits chroniques peut devenir zone de paix durable, et pourvoyeur de paix.
Il peut paraître paradoxal de promouvoir la paix avec des armes cependant la question n'est pas de s'armer mais de savoir qui détient ces armes et dans quel dessein. L'Europe de la défense doit se construire dans un cadre clair et au service d'une puissance diplomatique affirmée.
Aux périls militaires et politiques s'ajoutent le péril économique qui n'est pas à négliger car si l'argent est le nerf de la guerre il peut être aussi le nerf de la paix.
Et économiquement nous allons mal. Le gouvernement ne pourra pas éternellement se cacher derrière la politique monétaire de la BCE. Il lui faudra tôt ou tard assumer ses erreurs et accepter de revenir sur celles-ci pour se donner des marges de manoeuvre, si tel n'était pas rapidement le cas nous irions vers une récession bien plus ample que celle de nos partenaires européens, Allemagne en tête.
La France ne peut continuer d'être pour nous mais aussi pour l'Europe, une girouette avec des décisions économiques, politiques, diplomatiques ou militaires peu crédibles et incohérentes. Nous subissons les évènements et ne décidons ni ne dessinons rien. Tiraillé par les lobbies et par un président à l'humeur instable, passionné par le court terme te le paraître, le gouvernement a surtout eu pour objectif de satisfaire ses proches sans viser à préserver la population française et en particulier les classes populaires et les classes moyennes. Il n'a pas tenu sa promesse d'insérer chacun par le travail et de permettre à chaque travailleur de vivre dignement de son travail. Au dela de ses promesses.
Au milieu de ces multiples périls nous devons au MoDem nous appuyer sur les valeurs que nous souhaitons défendre pour tisser la trame de la troisième voie qu'il est urgent de proposer aux français. Pas que nous soyons seuls à détenir des propositions valables pour le futur. Mais nous sommes le seul parti à envisager la politique, à long terme, sans désir d'immédiateté mais avec un cadre éthique qui nous contraint à échapper aux lobbies, dans un soucis d'indépendance et de concertation avec chacun. Nous avons le devoir de porter une parole différente et claire, nous avons le devoir d'éviter la cacophonie et de véhiculer un message audible et rigoureux, sur lequel nos cocitoyens puissent s'appuyer pour garder confiance en des jours meilleurs.
18:02 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note









Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://communiqueurd-esperance.hautetfort.com/trackback/1761365
Commentaires
Je suis encore une fois heureux de lire une telle analyse, aussi cohérente, équilibrée et respectueuse à la fois.
Le souci maintenant réside, je le pense, et malheureusement par le fait que l'Europe ait atteint ses limites d'incompétences politiques.
Qu'elle risque fort de ne plus être en mesure de construire une politique commune à 27, et qu'elle a manqué de satisfaire quand elle le pouvait encore à 6, éventuellement à 8, 9 ou même encore à 12 !
Comment imaginer en effet que demain, des cultures aussi éloignées les unes des autres, et alors que l'économie même qui pouvait encore, hier, contribuer à les rapprocher, économie dite libérale qui à présent est en situation quasi d'échec, puissent s'entendrent alors que tout les opposent ? Au moment même ou d'autres encore, caucasiens et Balkaniens frappent à notre porte ?
Alors qu'hier effectivement l'Europe pouvait, au détriment de certains, encore faire progresser les autres par un nivellement disons médiant, qu'en est-il aujourd'hui ?
Et quand le néo-libéralisme aujourd'hui trouve "son seuil d'incompétence" (Peter) avec les effets pervers des parachutes dorés et autres profits démesurés qui ne profittent finalement plus à personne (bourse) ou à un nombre de plus en plus limité de personnes. En bref avec des normes économiques rendues obsolètes ou inopérante et une spéculation aveugle et folle !
Ecrit par : Xav | 21 août 2008
@ Xav
Tu est encore trop gentil ... la ci-dite "Europe de la Défense" était déjà dans Maastricht.
Alors, tu vois, même à quinze on n'a pas été moins incompétents.
Ecrit par : Bzhita | 21 août 2008
@ Xav et Bzhita
L'Europe de la défense était en germe avec la CED, il y a plus de 50 ans donc, et on a loupé le coche à ce moment là déjà.
La question n'est pas seulement du nombre mais aussi de ce que confier sa défense à une entité supra-nationale signifie pour des populations encore jalouses d'une souveraineté devenue dans les faits purement virtuelle.
Le soucis est qu'il sera difficile aussi d'avoir un poids diplomatique réel sans force militaire sur laquelle s'appuyer.
Nous ne sommes de plus capables de parler d'une seule voix que si le péril est à notre porte et que les Etats-Unis poussent les uns et les autres à pagailler dans le même sens... sinon nos chez amis d'outre atlantique savent à merveille défaire ce que certains européens essaient à grand peine de construire.
Je crois que la seule solution est celle des cercles à géométrie variable avec en premier lieu l'axe franco-allemand dont la construction bénéficie d'une longue expérience de coopération militaire et d'un passé guerrier sur lequel beaucoup souhaitent tirer un trait définitif.
Il me semble qu'une proposition de double nationalité volontaire avait même été formulée après une rencontre entre chefs d'Etat qui poussait très loin la coopération entre nos 2 pays!
Mais sans aller jusque là l'axe franco-allemand reste une valeur sûre pour accroître la coopération puis élargir le cercle à d'autres. Le RU est avec la France l'un des deux plus gros dépensiers en matière de défense mais le rapprochement ne pourrait se faire que si l'axe Washington-Londres le permettait... difficile, sauf si les Etats-Unis finissent par considérer une Europe de la défense comme le prolongement de leur propre défense, est-ce une solution? un subterfuge ou un risque à courir?
Ecrit par : Christine | 22 août 2008
Ecrire un commentaire