17 mai 2012
Quelques pistes de réflexion...
Le génie des élites économiques de ce monde réside dans la capacité qu'ils ont eu à entretenir chez les "moyennement riches" (on pourrait désigner ainsi des 99% premiers du dernier décile) et les classes moyennes l'effet d'imitation. Celui-ci nous pousse à nous approprier des normes et des valeurs qui nourrissent les intérêts de ces élites qui peuvent ainsi conserver un pouvoir politique propre à garantir leurs intérêts.
La crise actuelle en est une telle vitrine que l'on pourrait espérer qu'elle soit l'occasion d'un éveil de la conscience politique, l'opportunité de rompre au moins en partie l'adage selon lequel les crises sont le lit des cristallisations nationalistes et xénophobes.
Pourquoi un tel optimisme ?
La rapidité des transports, les flux d'humains et d'information, conduisent une part de la population à prendre conscience d'une interdépendance mondiale écologique, économique et financière mais également sociales et culturelles.
Si au regard de l'histoire notre évolution n'est faite que de la succession de cycles on peut espérer cependant dégager certains trends, certaines tendances, résistant à long terme au flux et reflux. Il en est ainsi du niveau moyen d'accès aux connaissances en particulier via la maîtrise de l'écriture et de la lecture, même s'il convient de nuancer l'accès à d'autres formes de connaissances dont dans certains cas l'absence de multiplicité des sources conduit plus à l'embrigadement qu'à l'ouverture d'esprit et à l'éveil de la conscience individuelle et collective à une multiplicité de normes et de valeurs lorsque seule leur confrontation est de nature à laisser un espace, si ténu soit-il, à une distanciation de l'individu vis à vis du processus de socialisation permanente dont il peut être à la fois l'objet, le sujet et l'acteur.
Pourquoi la crise peut être l'occasion d'une révélation ?
Quel est le message simpliste véhiculé ? Nos pays sont très endettés, nous devons "tous" nous serrer la ceinture pour assainir les comptes afin que l'économie puisse à nouveau "repartir".
Mais alors, pourquoi ce message a-t-il été quasi inaudible avant, uniquement relayée en 2007 en France par François Bayrou, alors que la dette publique se situait à un niveau déjà important ?
Ne serait-ce pour protéger aussi longtemps que possible une situation très rentable pour certains (Les grands patrons français ont vu leur rémunération croître de 40 % en 2007
LEMONDE.FR : Article publié le 12.02.08), des « super riche » dont les revenus ont cru de manière très élevée durant la période précédant la crise, creusant ainsi les inégalités. Il peut être aussi intéressant d'analyser sous cet éclairage la mise en place d'outils visant à gommer la perception du creusement des inégalités et rendre cette situation acceptable économiquement et socialement le plus longtemps possible, retardant le démarrage de la crise tout en l'aggravant. C'est le cas par exemple du faible encadrement des crédits revolving. ces crédits ont en effet permis à certains consommateurs de maintenir un niveau de consommation conforme à la norme véhiculée par les médias alors même que leurs revenus auraient dû les maintenir en deçà de cette norme.
Aujourd'hui la situation n'est plus tenable économiquement mais la facture est alors présentée à la classe moyenne à et aux " moyennement riches ", parfois violemment (pertes boursières, chute de fonds de pension, marasme immobilier…) et via une fiscalité portant sur les bases peu mobiles et solvables que sont les classes moyennes et les « moyennement riches ». Les « supers riches » usent et abusent de la menace de leur mobilité pour échapper à cette facture à laquelle ils ont largement contribué et dont ils ont tiré le fruit avant la crise. On peut prendre l'exemple des dépenses publiques qui ont maintenu les profits élevés de grosses entreprises, profits qui ont davantage bénéficié aux actionnaires qu'à l'autofinancement de l'investissement. Le génie réside également dans leur capacité à arriver à discréditer dans les médias toutes autres solutions au point que même la gauche modérée en vient à tenir un discours de responsabilité budgétaire, même si on voit avec un peu d'optimisme poindre d'autres mesures... car des alternatives existent cependant. De plus en plus d'économistes à l'image de Stiglitz insistent sur le fait qu'un "redémarrage" ne peut être possible si seule des mesures de rigueur budgétaire sont appliquées, on peut également penser à des réformes fiscales coordonnées entre PDEM, des mesures redistributives permettant de s'appuyer sur la demande des classes moyennes… Autant de pistes qui restent à explorer. En Europe, on peut espérer un basculement des gouvernements vers la gauche qui permettraient de mettre en œuvre de nouvelles pistes plus efficaces pour surmonter la crise et qui échapperaient aux diktats d'une élite ultra minoritaires démographiquement.
Par ailleurs à plus long terme l'amélioration du niveau d'éducation, l'éveil à la citoyenneté fondée sur l'ouverture d'esprit et l'éveil de l'esprit critique pourrait permettre au citoyen d'être davantage conscient des intérêts qui pèsent sur son processus de socialisation permanente le conduisant à intérioriser des normes et des valeurs qui vont à l'encontre de ses propres intérêts.
Bien entendu il convient de rester très modeste sur les avancées possibles à court terme, ne pas négliger le fait que certains pays par opportunisme souhaiteront plutôt jouer les passagers clandestins d'une telle relance, et bien entendu ne pas négliger le poids que pèse les élites économiques sur les politiques, de droite comme de gauche, menées dans les différents pays d'Europe et du monde car la lucidité sur leur capacité à préserver leurs intérêts quelque soit les dirigeants désignés "démocratiquement" n'empêchera pas, au moins à moyen terme, la persistante d'un contrôle disproportionné et anti démocratique.
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24 avril 2012
Pourquoi je vais voter Hollande
Le vote d'hier peut être éclairé à mon sens par l'observation d'une longue perte de repères, d'une forme d'anomie dont la crise économique n'est qu'en partie responsable.
Cette crise s'est en France accompagnée d'une grave crise sociale et morale. Les normes ont été mises à mal par des coup de boutoirs qui ont conduit à ce que nous acceptions sans broncher des statistiques où la croissance des revenus et des patrimoines se concentre fortement sur les derniers centiles (et plus encore sur le 1/1000) les plus élevés, où l'on nous dit que le travail doit être valorisé lorsque dans le même temps on récompense des personnes qui n'ont de mérite que leur capacité à se médiatiser... je vais clore là une liste qui ne pourrait être exhaustive par l'évocation rapide de la réforme en cours des lycées dont l'objectif officieux était de faire des économies budgétaires, réforme qui va coûter aussi voire plus cher que ce qui était en place, mais désorganise en profondeur le lycée, désoriente professeurs et élèves, conduit à appliquer des programmes qui n'ont pas eu le temps d'être finalisés... bien des profs ont l'impression de jouer à l'apprenti sorcier en tentant de préserver au mieux les intérêts des élèves.
Au delà des problématiques de délinquance ou d'immigration, c'est pour partie cette anomie qui a fait le lit d'un vote de repli sur soi, de personnes qui cherchent à protéger des valeurs qu'ils sentent menacées... mais qui ne seront pas défendues par l'extrême droite... car ces valeurs sont celles de la république, celles du radicalisme de la 3ème république, des hussards noirs, du gaullisme... et ce ne sont ni Nicolas Sarkozy, au regard de son mandat, ni le FN, qui en sont les héritiers. François Hollande en incarne une partie, le reste est porté par les républicains du centre (du MRG au radicaux) que seule une recomposition de l'échiquier politique rendra l'expression possible.
Ce n'est pas au FN que profitera la victoire de François Hollande, à la conditon que ces républicains dessinent, en profitant du recul du sarkozisme, un nouvel espace politique au centre élargi, avec des femmes et des hommes de valeur qui n'ont pu s'exprimer pleinement depuis 5 ans mais qui alors pourront reprendre leur bâton de pèlerin pour que revivent nos valeurs républicaines. Bien entendu F. Bayrou pourra et devra prendre part à cette reconstruction sur la base de tout le travail de fond accompli ces dernières années au MoDem.
17:39 Publié dans coups de gueule / coups de coeur, MoDem, Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21 octobre 2011
un article digne d'intérêt
qui démonte l'image monolithique que l'on peut avoir des territoires palestiniens... et qui est pour le moins insolite!
http://www.courrierinternational.com/article/2011/10/14/u...
22:21 Publié dans coups de gueule / coups de coeur, Europe / international | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17 septembre 2011
Une découverte coup de coeur, une gardoise!
09:44 Publié dans coups de gueule / coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15 septembre 2011
Chronique d'une population oubliée
14:12 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Le cassoulet contre les All Blacks
13:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14 septembre 2011
La crise vue par des familles en Europe
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Europe/La-ri...
Comme souvent sur La Croix, un article qui par petites touches montre comment la crise fragilise les familles à travers l'Europe.
A l'heure où notre monnaie commune est fragilisée nous partageons avec nos compatriotes européens des craintes communes. Cependant face à la crise, entraide et solidarité ne disparaissent pas, au contraire.
14:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08 septembre 2011
et en complément...
18:40 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
indispensable pour "affronter" les prochaines semaines!
13:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17 août 2011
Etre ou ne pas être en Lybie...
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/15/pourquoi-l...
Des éléments pour ce débat.
08:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





